samedi 18 janvier 2014

Jezy, chanteur Bobolais émergent


J'ai beau avoir fait le tour du Net, je n'ai rien trouvé comme article sur Jezy (on prononce Jésus).  Pourtant Jezy est un artiste bien connu de la scène locale de Bobo-Dioulasso.  Sur ce vidéo, il nous raconte son histoire...



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Bonne lecture!


Faso Kombat

Quartier Tampouy, nord de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Deux jeunes rappeurs se rencontrent en 2000 et décident de former le groupe « Faso Kombat ». 11 ans après, ils sont l’un des groupes rap les plus reconnus du Burkina Faso. Composé de Peace Malkhom et David le combattant, le duo est souvent décrit comme les meilleurs chroniqueurs de leur société. Les deux artistes ont choisi le nom « Faso Kombat » pour revendiquer le combat pour leur patrie, plus précisément par la valorisation de la culture burkinabè. Ils appellent leur style musical « afro hip hop » : leur identité s’inscrit dans un savant mélange entre rap (en français, dioula, et mooré ), rythmes du terroir burkinabé comme le warba ou le wiré etc… Ainsi, ils s’inscrivent pleinement dans le mouvement hip hop, tout en ayant un public élargi grâce à la modernisation de rythmes traditionnels. Faso Kombat est donc une fusion entre deux poètes modernes, chacun rappeur, chanteur, musicien.
Le groupe s’est fondé en 2000, mais il a fallu attendre 2002 avant de les entendre sur une première compilation produite au studio Abazon, « la part des ténèbres ». Leur chanson, « diplomés paumés » leur a valu un franc succès auprès de la population : ils y dénonçaient le manque de perspectives professionnelles des étudiants. Puis vint en 2004 le premier album « Parcours de combattants », en 2007 le deuxième opus « Diamant et miroir », puis en 2010 « Z’enfants de la patrie  ».
Faso Kombat a donc aujourd’hui trois albums à son actif, et de nombreuses tournées, notamment au Brésil, dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique. David et Malkhom ont également collaboré avec de nombreux artistes, et ont notamment participé à une création de danse contemporaine, de Serge Aimé Coulibaly, nommée « A benguer  ». Cette aventure leur a ouvert d’autres perspectives.
Comme bon nombre d’artistes d’Afrique et d’ailleurs, Sankara est une bonne source d’inspiration pour le groupe. Les rappeurs de Faso Kombat citent souvent Thomas Sankara, notamment dans un morceau, sorti en 2007, intitulé « martyrs » (extrait de Diamant et miroir), où l’ancien président prend place aux côtés des « martyrs » africains ou noir américains. Le groupe jouit d’une grande popularité dans le pays, que ce soit dans la capitale, comme dans les autres villes, et également dans les villages. Au niveau international, la diaspora burkinabè soutient les deux artistes en les invitant à participer à des manifestations culturelles. Malkhom et David vont jusqu’à suivre certaines idées politiques de Thomas Sankara dans leur propre quotidien.

« Beaucoup disent battez-vous pour vous au lieu de vous battre pour le pays, mais je vois pas la différence parce que y a pas quelqu’un qui va prendre une truelle ou une brouette et aller construire quelque part qu’on appelle pays, chacun construit devant sa porte et c’est ça le pays. » (FASO KOMBAT, émission sur la radio nationale le 8 septembre 2011).

Ils investissent l’argent gagné grâce à leur carrière musicale dans des petites entreprises qu’ils créent dans leur quartier. Ces projets s’accompagnent toujours d’un discours concernant la construction du pays en référence à Sankara, ainsi que de s’assurer une certaine stabilité financière, pour la bonne marche de leur carrière musicale. Ils sont décrits comme les rappeurs « les plus intègres » du Burkina Faso, alors même que le symbole de l’intégrité au Burkina Faso est Thomas Sankara.


« Ce qui m’a accroché chez Sankara c’est surtout sa facilité à communiquer avec les gens, il avait une facilité avec les mots du peuple, il s’exprimait et tout le monde comprenait, ça c’était fort pour un président parce qu’en général, surtout les présidents africains, ils ont un discours que le peuple ne comprend pas. Chacun est assis on croit comprendre mais en réalité on comprend pas réellement ce qu’ils disent. On comprend les phrases mais à la fin on ne retient rien de ce qu’ils ont dit. Sankara c’était pas ça, c’était tout à fait le contraire, chaque phrase qu’il sortait avait déjà tout dit et c’était clair dans la tête de tout le monde. Ça, ça m’a plu, et son combat était vraiment trop noble, il est l’un des seuls présidents africains à être mort pauvre. Il lui arrivait même de demander de l’argent à ses gardes du corps. Tu vois, des 1000 ou 2000 FCFA à ses gardes du corps, tellement il vivait avec le peuple, dans le peuple, il avait son salaire normal. Il n’avait pas un endroit où il partait prendre l’argent mettre dans sa maison, comme ceux d’aujourd’hui, tu vois. Peut être aussi son côté artiste, parce qu’il jouait a la guitare, peut être c’est pour ça aussi qu’il est resté un homme du peuple. Pour ça on ne peut pas se permettre de l’oublier. Son message était tellement clair, très explicite. »


Cet extrait d’entretien réalisé avec Malkhom fait écho avec la manière dont Faso Kombat envisage la musique rap : les textes doivent selon eux être le plus clair possible afin que même les « non avertis » puissent comprendre, en y ajoutant des références (musicales reconnues comme traditionnelles, et historiques) qui font sens pour un public diversifié. Cette ouverture leur a valu le titre prestigieux de « kundé d’or » aux victoires de la musique burkinabè en octobre 2011, c’est-à-dire le trophée de « meilleur artiste 2011 », toute musique confondue.

Anna Cuomo





Ce vidéo, c'est mon Burkina, son essence, sa culture vivante, sa jeunesse enivrée de vie et d'espoirs.


Séparation du groupe Faso Kombat?

Ouagadougou (Burkina Faso)
Le célèbre groupe de rap burkinabè, Faso Kombat, composé de David et de Peace Malkom, se serait disloqué depuis le dernier concert du duo, en fin mai, selon le site d’information Burkina24 visité mercredi à APA.

''La rumeur court, et, comme pour conjurer un sort, certain évitent d'en parler : David et Malkom, ce duo de rap qui vient de sortir un album très prometteur le 31 mai dernier, ne souhaitent plus cheminer ensemble'', renseigne le site.

En effet, tout se serait arrêté le 31 mai quand, après le concert dédicace de l' album ‘'Zem-Zem'', Peace Malkom aurait laissé entendre que ‘'c'est le dernier concert'' du duo. 

A partir de ce jour, apprend-on, les deux jeunes hommes ne voudraient pas revenir sur cette décision en dépit des tentatives d'amis et proches d'éviter le pire. 

Ils auraient annulé la série de concerts qui avait été prévue après la sortie de l'album, dans le cadre d'un tour organisé par une compagnie de téléphonie mobile de la place.

Toutefois, la source d'information précise que pour l'heure, ‘'rien n'est encore sûr vu que Faso Kombat n'a pas officiellement fait l'annonce de sa séparation''.

A propos du mobile de la dislocation, aucune raison officielle n'est non plus encore connue, mais certains parlent d'une histoire d'argent.

Faso Kombat est un groupe de hip hop burkinabè qui a émergé sur la scène musicale dans les années 2000.
Avec plusieurs concerts internationaux (en Afrique et en occident) à son actif, le groupe avait été sacré Kundé d'or (Ndlr : Meilleure récompense des musicien burkinabè) en 2011.

Le nouvel album du duo, selon les mélomanes, est de très belle facture et laissait entrevoir un beau parcours.


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Bonne lecture!

vendredi 10 janvier 2014

Victor Démé






Victor Démé est un chanteur Burkinabè originaire de la ville de Bobo-Dioulasso, né en 1962. De famille mandingue, il a hérité la musique par sa mère, une griotte sollicitée pour les grands mariages et les baptêmes à Bobo-Dioulasso dans les années 60. Elle lui a légué cette voix poignante. De son père, il a reçu un autre savoir-faire qui se transmet de génération en génération dans la famille Démé: la couture, pratiquée par ses oncles, ses tantes, ses sœurs, ainsi que leurs ancêtres, une lignée de couturiers de l’ethnie Marka, toujours des Mandingues d’Afrique de l’Ouest.







Biographie



C’est dans l’atelier de couture paternel en Côte d’Ivoire, à Abidjan, que le jeune Victor Démé s’exile du Burkina à l’âge de l’adolescence. Le jour, il travaille à l’atelier, et la nuit, il commence à fréquenter les clubs de la capitale et chante dans quelques petits groupes. En grandissant, il se forge une réputation dans les clubs ivoiriens, notamment au sein du fameux orchestre Super Mandé, mené par la star Abdoulaye Diabaté. Il rentre au Burkina vers 1988 pour profiter d’un nouvel élan national suite à la présidence de Thomas Sankara. Le pays jouit alors de la dynamique insufflée par le révolutionnaire rouge qui, avant d’être assassiné en 87, a grandement œuvré pour la création artistique. Démé a alors 26 ans, et sa fougue musicale déborde de vigueur. Il gagne plusieurs micro-crochets, dont le concours du Centre Culturel Français de Bobo-Dioulasso organisé en partenariat avec RFI en 1989, et le premier prix de la Semaine Nationale de La Culture dans sa catégorie, en 1990. Dans les années 90, il se classera souvent dans les cinq premiers de cette compétition nationale. Il se fait recruter successivement par de grands orchestres, dont l’Echo de l’Africa et surtout le Suprême Comenba qui rythment les nuits de Ouagadougou. Alors que Victor Démé est devenu un chanteur populaire au Burkina, de graves accidents du destin l’éloignent de la musique pendant plusieurs années. Lorsqu’il tente de revenir sur le devant de la scène après cette longue absence, rien n’est facile. Pour gagner très humblement sa vie, il doit souvent se plier aux exigences des propriétaires des clubs et des maquis en interprétant des classiques de Salif Keita ou de Mory Kanté. Heureusement, Victor Démé continue en parallèle à affiner ses propres compositions, et il se lie d’amitié avec Camille Louvel, le gérant du Ouagajungle, un bar associatif de Ouagadougou où s’organisent plusieurs concerts hebdomadaires. En 2007, celui-ci et le journaliste David Commeillas en reportage à Ouagadougou, produisent ensemble son premier album.

Premier disque


À 46 ans, Démé enregistre donc une mosaïque singulière de mélodies folk-blues, de petites romances mandingues intimistes, et d’influence latine, salsa et flamenco. En langage dioula, Burkina Mousso est un hommage à toutes les femmes burkinabées «ayant construit ce pays de leurs mains » comme le chante Démé. Ses textes appellent à la solidarité nationale (Peuple burkinabé, prônent la tolérance envers son prochain (Djôn’maya), et tissent des hymnes à la grâce féminine (Sabu). Le menu s’achève sur deux titres de musique traditionnelle mandingue, et ce disque, qui porte son nom, "Victor Démé", présente ainsi au public toute la richesse de son répertoire.
Les producteurs Camille Louvel et David Commeillas espèrent faire distribuer le disque en Europe, mais aucun label ne veut s’engager sur cet opus à petit budget. Ils font donc appel aux activistes de Soundicate, Romain Germa et Nicolas Maslowski, pour fonder un label, Chapa Blues Records, dans le but de développer eux-mêmes la carrière de Victor Démé en Europe. Deux ans plus tard, ce disque modeste s’est vendu à quarante mille exemplaires et le chanteur donne régulièrement des concerts à Londres, à Berlin et dans toute l’Europe.

Vidéos




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dimanche 22 décembre 2013

Fatoumata Diawara en cadeau de Noël


File:Fatoumata Diawara - Festival du Bout du Monde 2012 - 016.jpgFatoumata Diawara (tout le monde l’appelle Fatou) est née en 1982 en Côte d'Ivoire de parents maliens. Dès l'enfance, elle danse dans la troupe de son père ; elle rencontre un grand succès en exécutant l'extravagante danse didadi de Wassoulou, le pays de ses ancêtres au Mali occidental. Lors de son adolescence, son caractère indépendant lui fait refuser l'école et ses parents décident de l'envoyer – c’est une tradition africaine – vivre chez une de ses tantes à Bamako. Elle ne reverra pas son père et sa mère pendant près de dix ans.

Quelque temps après son arrivée, Fatou se retrouve sur un plateau de cinéma, à s'occuper du bébé de sa tante qui est actrice. Séduit par sa beauté, le metteur en scène lui confie une réplique dans le Pouvoir des femmes. Cela conduit Cheikh Omar Sissoko à lui confier l’un des rôles principaux de son film La genèse en 1999. Elle joue aux côtés du comédien Sotigui Kouyaté qui devient une référence dans sa carrière.

 

À dix-huit ans, Fatou part à Paris pour jouer au théâtre dans Antigone de Sophocle mis en scène par Kouyaté. Après avoir tourné avec la troupe, elle retourne au Mali en 2001 pour le tournage de Sia, film dans lequel elle tient le rôle titre et qui raconte l'histoire d'une figure féminine légendaire d'Afrique occidentale. Il obtient un succès phénoménal dans de nombreux pays ; pour beaucoup de Maliens, de Guinéens, de Sénégalais et de Burkinabés, Fatou EST Sia. Mais malgré les propositions de rôles qui affluent, sa famille souhaite qu'elle se fixe et se marie… Fatou est alors contrainte d’annoncer en direct à la télévision qu'elle abandonne sa carrière d'actrice.

En 2002, le directeur de la compagnie Royal de Luxe vient à Bamako lui offrir un rôle dans son nouveau spectacle. Mais au Mali une femme célibataire n'a pas plus de droits qu'un mineur, et la permission de sa famille qui est requise lui est refusée. Après avoir réfléchi, Fatou décide de s'enfuir et parvient à embarquer dans un avion, évitant de justesse la police qui est lancée à ses trousses par sa famille pour "kidnapping".


Avec Royal de Luxe Fatou joue dans le monde entier. Pendant les répétitions et les moments de calme, elle s'amuse à chantonner en coulisses ; en l'entendant, le directeur la fait bientôt chanter pendant les spectacles. Encouragée par l'accueil du public, elle commence entre les tournées à se produire dans des clubs parisiens. C'est là qu'elle rencontre le musicien et producteur malien Cheikh Tidiane Seck qui la fait revenir au Mali pour faire les chœurs sur les albums qu’il réalise pour Oumou Sangaré (Seya) et Dee Dee Bridgewater (Red Earth). Fatou participe aussi aux tournées.

À son retour en France, poussée par Rokia Traoré qui l’encourage aussi à jouer de la guitare, Fatou joue le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba. Elle raconte en souriant : Une fille malienne avec une guitare acoustique, c'était une chose à la fois merveilleuse et audacieuse. Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ? Fatou apprend donc la six cordes en autodidacte et commence à écrire des chansons. C'est là qu'elle comprend que la musique est sa vraie passion et qu’elle décide de s’y consacrer pleinement. Elle enregistre des maquettes sur lesquelles elle chante et joue tous les instruments. Oumou Sangaré la présente au label World Circuit, l'enregistrement de son premier album peut commencer...
​
Entre les sessions, Fatou trouve malgré tout le temps de participer au projet Africa Express de Damon Albarn, de faire les chœurs sur les albums de Cheikh Lô et de l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, sans oublier AfroCubism et le projet Imagine de Herbie Hancock.


site officiel de Fatou:
http://www.fatoumatadiawara.fr

Discographie


 

Filmographie


1996 : Taafe Fanga de Adama Drabo

1999 : La Genèse de Cheikh Oumar Sissoko : Dina

2002 : Sia, le rêve du python de Dani Kouyaté : Sia

2008 : Il va pleuvoir sur Conakry, de Cheick Fantamady Camara : Siré

2010 : Encourage, de Eleonora Campanella

2010 : Ni brune ni blonde, de Abderrahmane Sissako

2011 : Les Contes de la nuit, de Michel Ocelot (voix)










Théatre

  • 1998 : Antigone de Sophocle ; adaptation de Jean-Louis Sagot Duvauroux, mise en scène Sotiguy Kouyaté
  • 2002 -2008 : Royal de luxe ; fondateur Jean-Luc Courcoult
  • 2007-2008 : Kirikou et Karaba : Karaba



  • Vidéos




    

    Articles sur Fatou

    http://www.mondomix.com/news/fatoumata-diawara-si-tu-veux-dire-la-verite-tu-ne-peux-pas-faire-que-des-metaphores

    http://www.lapresse.ca/arts/festivals/festival-de-jazz/201307/07/01-4668576-fatoumata-diawara-la-transe-des-parapluies.php

    http://www.rnw.nl/afrique/article/fatoumata-diawara-le-mali-est-dans-la-merde

    http://news.abamako.com/h/29794.html

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    Bonne lecture!


    samedi 2 novembre 2013

    Ces perles du Burkina

    J'ai écrit il y a quelques semaines un article sur le système de santé médical du Burkina.  J'y faisais un portrait très sombre d'une ambiance palpable de mépris envers les patients, d'un cynisme et d'un manque de foi envers son prochain.  Je pense ce que j'ai dit, et ça me fait mal, parce que je crois que l'Afrique a déja son grand lot de détracteurs qui plante des clous là où ça fait déja mal, tout en oubliant de souligner la grandeur de ce continent.  Son accueil.  Sa générosité.  Son gite et son couvert, toujours prêts pour l'étranger qui pourrait survenir à l'improviste.  Le sourire de sa population, la trame sonore de ses rues composée de rires, d'interjections, de vie et de vivacité.

    Quand on travaille avec l'impression de lutter contre un système, quand on perçoit ses patients comme des victimes d'une roue qui ne tourne pas rond, on voit plus facilement ces acharnés de l'humanité qui se battent à nos cotés.  Ils scintillent dans la nuit.
    J'ai eu la chance de cotoyer, à travers vents et marées, des indomptable optimistes, qui avançaient manches retroussées, sthétoscope de guerre à la main, sourires en boucliers.  Ces Aïssa, Dr.Maré, Dr.Martinez, Laciné, Mme Bitibaly, Simone, Dre. Zoungrana, Yves, Mme Palenfo, Christelle, et tellement d'autres que je m'en veux ici de ne pouvoir nommer tous, ces âmes profondes qui oeuvrent jusqu'au coude dedans nous font oublier la décadence d'un système victime de son manque d'optimisme.  Il y a eu peu de jours où je n'ai pas eu envie de pleurer devant l'histoire et l'état de mes patients.  Mais je peux aussi vous jurer que je ne connais pas une journée marquée de solitude, une journée où je n'aurais pas ri, aux larmes souvent, entourée de ces perles du Burkina, qui vous donnent envie de croire en Dieu.

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    jeudi 17 octobre 2013

    Blague du jour, 1

    Le petit Thomas demande à sa maîtresse s'il peut lui parler après le cours. Elle accepte. 
    La maîtresse : Alors, que veux-tu me dire, Thomas ? 
    Thomas : Je pense être trop intelligent pour rester dans cette classe, je m’embête. Je voudrais passer directement au Lycée. 
    Sur ce, le directeur informé, demande à Thomas s'...il veut bien passer des tests. Thomas accepte sans hésiter et le directeur commence le test. 

    Le Directeur : Voyons voir Thomas, 3 x 4
    Thomas : Douze !
    Le Directeur : Et 6 x 6
    Thomas : Trente-six, Monsieur le Directeur.
    Le Directeur Capitale du Japon ?
    Thomas : Tokyo

    Le test continu pendant une demi-heure, Thomas ne fait aucune erreur !
    A la fin du test, le directeur est satisfait mais, la prof demande si elle peut à son tour lui poser des questions. Tous deux acceptent, et la prof commence.


    La Maîtresse : Bon Thomas ! La vache, elle en a 4 et moi j'en ai 2, qu'est-ce que c'est ?
    Thomas : Les jambes, Madame.
    La Maîtresse : Correct. Qu'est-ce qu'on trouve dans tes pantalons et pas dans les miens ?
    Le Directeur s'étonne de la question...
    Thomas : Des poches, Madame.
    La Maîtresse : Bien, Thomas. Qu'est-ce que les hommes et les femmes ont en plein milieu et qui est en double ?
    Le directeur se prépare à intervenir lorsque Thomas répond.
    Thomas : Les deux « M », Madame.
    La Maîtresse : Où est-ce que les femmes ont les poils les plus frisés ?
    Thomas : En Afrique Madame, répond le gamin sans hésiter.
    La Maîtresse : Qu'est-ce qui est mou mais qui, aux mains d'une femme, devient dur ?
    Le Directeur ouvre grand les yeux mais Thomas répond :
    Thomas : Le vernis à ongles, Madame.
    La Maîtresse : Qu'est-ce que les hommes et nous les femmes, nous avons au milieu des jambes ?
    Thomas : Les genoux !
    La Maîtresse : Bien. Et qu'est-ce qu'une femme mariée a de plus large qu'une femme célibataire ?
    Le Directeur n'en croit pas ses oreilles !
    Thomas : Le lit, Madame.
    La Maîtresse : Quelle est la partie de mon corps qui est souvent la plus humide ?
    Thomas : Votre langue, Madame.
    La Maîtresse : Quel mot commençant par la lettre « c » désigne quelque chose qui peut être humide ou sec et que les hommes aiment regarder ?
    Thomas : Le ciel ! Affirme Thomas.

    Le Directeur soufflant, transpirant comme un sauvage , décide d'arrêter le test et s'exclame : ce n'est pas au Lycée que je vais t'envoyer mais directement à l'université ! Même moi, je l'aurais complètement raté ce test...hahahahah


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    Bonne lecture!

    mercredi 9 octobre 2013

    Les enquinineurs, partie 1


    Ma fille pendant une crise de paludisme, que j'ai préféré soigner à la maison plutôt
    que de faire confiance au système de santé burkinabè.
    Le voici mon texte qui fait mal.  Pour moi, pour mes amis qui travaillent dans le domaine, pour ceux qui voudraient que l'humain soit meilleur.  Car je vous parle de l'humain aujourd'hui.  De l'humainerie.  Du marché de la santé au Burkina Faso.

    On m'a posé la question par courriel aujourd'hui: "J'aurais aimé que vous m'expliquiez en quoi consistent par exemple les infrastructures de soin à Bobo. J'ai eu plusieurs fois l'exemple d'amis qui sont allés au dispensaire.... et en sont revenus avec des "cachets" qu'ils ont payé très cher sans analyses véritables de leur pathologie. Ce n'est qu'après être allés à l'hôpital qu'ils ont eu des soins adaptés, et cela leur a coûté encore très cher."

    Je vais tenter de répondre du mieux que je le peux, sans tomber dans les clichés, mais sans essayer de trop plaire non plus, toute "Burkinabè" que je sois devenue.

    Il est vrai que le Burkina Faso est le 3e pays le plus pauvre au monde.  Que les infrastructures sont sous-financées et mal organisées.  Que les soins de santé sont payants et que les patients n'ont pas les moyens de payer pour les laboratoires requis pour les diagnostiquer, pour les médicaments pour les soigner, pour du personnel d'appoint, de l'équipement de pointe, bref pour ce qui est une norme chez nous.  Nous ne savons pas à quel point cette norme vaut une fortune.  Le prix du sang.

    Il est vrai aussi que les infirmiers et médecins ne sont parfois pas payés pendant des mois, alors qu'ils travaillent beaucoup, faisant toujours un salaire de misère, peu importe le nombre hallucinant de patients qu'ils voient par jour.  Et ces patients, pauvres, n'ayant pas voulu consulter avant par peur de devoir trop débourser, dans l'espoir que Dieu les aiderait, ces patients ayant attendu toujours trop longtemps représentent une lourdeur de tâche qu'il est difficile d'imaginer.
    (Je travaillais en VIH au Canada.  Pour 216 patients, nous avions une équipe de 4 infectiologues, 3 pharmaciennes, 1 nutritionniste, une travailleuse sociale, un infirmier en recherche plus moi.  Pour 2000 patients adultes et 1000 enfants séropositifs au Burkina, nous avions un médecin et 3 infirmières.  Point)

    Il est vrai que le patient Burkinabè est un vrai défi.  Il est illettré, croit au Wack (mauvais sort), ne suit pas bien ses traitements, ne pose pas de questions et prend ses cachets tout le contraire de ce qu'on lui a dit, parce qu'on a que le 100e du temps normal d'une consultation à lui accorder, et qu'il en aurait besoin du triple.  Le patient Burkinabè n'a pas le diabète.  Il a une voisine jalouse qui l'a empoisonné.  Il prendra son médicament le temps que les symptômes passent, mais référera aussi au marabout, et arrêtera toujours un traitement qui se veut à vie, car sans symptômes, il n'y croit pas.  Il ne mettera pas de condom même s'il a le VIH car il ne pense pas à demain, et il ne veut pas non plus se faire découvrir.  Deux choses occupent notre patient, et plus largement, si j'ose le dire, le peuple Burkinabè: comment se payer à manger ce soir, et comment être mieux que ses voisins, ou en tout cas au même niveau.  Cette partie m'appartient, et je suis tout à fait d'accord si vous ne l'êtes pas avec moi, ça voudra juste dire que vous avez gardé une foi que je n'ai plus.  Mais mon point est que le soignant ne doit jamais sous-estimé l'orgueil, la méchanceté mais en même temps la vulnérabilité et la crédulité de son patient.  Le patient Burkinabè viendrait à bout de n'importe quel soignant par les gaffes qu'il commet, envers soi et envers les autres.  Chez nous, nous appelons ça de la négligence criminelle.  Au Burkina, de la méconnaissance.  Un système bien organisé arrive à aider une personne qui n'a pas toutes les ressources personnelles pour faire face à la maladie.  Mais quand tous les voisins sont aussi méconnaissants?  Et les amis?  Et la famille?  ET chacun qui donne son conseil.  Ajoutez un peu de hierarchie la-dedans, vous vous ramassez avec de la pate dentifrice sur les brulures, de l'acide à voiture dans les caries, du gingembre dans les rectums des fievreux, du piment sur les organes génitaux des petites filles qui se grattent parce qu'elles ont une vaginite.

    Mais toutes ces raisons précédentes ne peuvent expliquer la méchanceté crasse des agents de santé au Burkina.  Je ne m'excuse même pas de le dire, mes amies dans le milieu qui ont le coeur à la bonne place souffrent tout autant que moi de voir comment on peut être traité en tant que malade dans ce pays.  Un patient est un enquiquineur.  Un mendiant.  Il n'a droit à aucune considération, et particulièrement pas à de l'empathie.  Surtout pas à l'empathie.
    Je n'ai jamais compris comment un pays aussi beau de par ses habitants comme le Burkina pouvait avoir créé ce monstre de santé, cette structure où l'on vous envoie à la mort sans vous regarder dans les yeux, où l'on peut enjamber un mourant en poussant un soupir parce qu'il est dans le chemin, comment on pouvait devenir aussi désensibilisé au point de ne plus penser à aider soit, mais plus encore, au point de prendre plaisir à humilier publiquement et à répétition des gens dans un état tellement précaire.  Parce qu'il est là le plaisir du soignant.  Il est devenu roi et maitre dans un domaine de lepreux qui lui lèvent le coeur et il vomit sa mesquinerie à longueur de journée.  Son mépris est sans fin.  Son absence d'humanisme ressemble aux portes de l'enfer.


    Pour répondre à la question finalement (je me suis un peu laissée emportée!) les soins de santé au Burkina ne sont pas chers en soi.  Si vous vous contentez du dispensaire du coin, qui n'a pas les moyens de faire des analyses mais qui vous trouvera néanmoins un palu, une typhoide, une dysenterie, et vous prescrira les médicaments génériques appropriés, on s'en sort à moins de 10 dollars. (Oui, je sais, le salaire moyen du Burkinabè est de 350$ US par année, cher est un mot relatif ici)  Mais si comme beaucoup de Burkinabè vous croyez que plus la liste de produits prescrits est longue et onéreuse mieux vous serez guérit (principe du Wack et du marabout, ou même celui des pénitences religieuses) et que vous voulez être traité avec un peu moins de mépris, soyez prêt à payer.  Et sincèrement, de mon expérience, les hopitaux publics, malgré leur coût dispendieux, sont le pire repère en fait de soignants aigris et en powertrip.

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