dimanche 16 mars 2014

Je suis porteuse du VIH, partie 2

Travailler avec des gens qui vivent avec le VIH, que ce soit au Canada ou au Burkina, est toujours quelque chose d'agréable.  Je crois sincèrement que les gens qui s'y engagent avec misérabilisme ne sont pas à leur place.  Je l'ai dit, et je le répète: la pitié tue.  Quand les temps sont durs, ou quand au contraire tout va bien et qu'on est empli de joie et d'espoir, on a certainement pas envie de croiser le regard de quelqu'un qui vous voit comme une maladie, une attente de la mort, ou un cas social.

Ce qu'il y a de particulier de travailler dans le milieu VIH, c'est tout le coté communautaire qui s'en dégage.  Ça ressemble un peu au milieu gay, ou immigrant, bref un contexte qui a ses particularités sociales, qui rapprochent ses membres, qui participe à la vie sociale, de façon vivante justement.  Danser dans un bar est agréable.  Mais danser parmi une centaine de femmes qui célèbrent un gain à leur cause, faire un souper communautaire entourée de gens qui vivent des situations similaires et qui partagent dans le rire, la bonne humeur, avec plein d'effusion, c'est autre chose.  Rassembleur.  Humain.

Il y a bien sur des moments de très grandes tristesse.  Comme dans la vie de tout un chacun.  Ces tristesses sont solitaires au moment du diagnostic.  Jusqu'à la rencontre du groupe de pairs, qui vous accepte, vous accompagne, vous nourrit et vous porte.  Il y a ces autres moments, communs, excessivement difficiles, quand on perd un membre.  Un rappel de la condition de chacun, une amputation au groupe.

Je suis, je porte en moi, tellement de ces moments. Tellement de ces personnes.  Je ne serais pas Eve Lavigne sans ces enfants que j'ai mis au monde, de mère séropositives, et qui s'en sont sortis indemnes.  Sans ces mères qui m'ont remis entre les mains le sort de leurs enfants, atteints.  Je suis la mort de Salimata, Moussa, Rachidatou.  Je suis le moment du diagnostic de tellement d'entre eux.  Je suis aussi ces djandjoba, grandes danses de célébration.  Je suis ces silences complices.  Ces fous rires.  Ces thés à la menthe dans la chaleur du soleil couchant.  Je suis ces mariages entres ceux qui se sont choisis, malgré la maladie, avec amour et foi en l'avenir.  Je suis ces miracles où la vie à repris ses droits.  Je suis eux, avec eux.  Pour eux, par eux souvent aussi.  Ils m'ont donné les moments les plus forts de mon existence, et les plus touchants de la leur.

Pour revenir à mon titre, qui vous a probablement assez accrochés pour vous amener jusqu'à la fin de cette lecture...  Suis-je porteuse du VIH?  Est-ce que j'aime les betteraves?  Suis-je gay?  Bi-polaire peut-être? Atteinte de l'hépatite?  Je vous répondrai que tout cela ne changerait absolument rien à ce que je suis profondément.  C'est à dire moi-même.  La seule chose qui changerait serait le regard que vous porteriez sur moi.  Ce regard pourrait me faire mal, me réduire, ou ne pas changer, selon ce que vous, vous êtes.  Mon propos ici repose sur ce que vous êtes VOUS, devant la différence.  Et ce sera à chacun de vous à répondre à cette question, trop personnelle pour que je réponde à votre place.

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Bonne lecture!

Je suis porteuse du VIH, partie un

Comme plusieurs d'entre vous le savez, j'ai travaillé 3 ans au Burkina Faso comme infirmière spécialisée en prise en charge des patients atteints du VIH.  J'ai fait le même boulot un an au Canada, au CHUS à Sherbrooke.  Ces expériences, de travail, mais surtout humaines, ont profondément changé ce que je suis aujourd'hui.

Tout a commencé avec cet homme que j'ai rencontré à mes 17 ans, alors que j'étais cuisinière dans un centre de détox de Montréal.  Il a pris ma défense un jour, alors que je m'étais trompé dans la commande d'un client en manque, qui a pété un câble quand il a vu un seul oeuf dans son assiette plutôt que deux.  L'homme, costaud et surtout aguerri de plus de 15 ans de vie de rue et d'héroïne, a posé la main sur l'épaule du client enragé, et lui a murmuré: "Hey, remercie la jeune fille de se lever le cul chaque matin pour que tu manges à ta faim au lieu de lui faire une scène, compris?"  Fini la bagarre.  Début de beaux sourires, et d'une amitié qui dure encore aujourd'hui, 17 ans plus tard.

L'homme quêtait pas loin de mon cégep, où j'étudiais pour devenir infirmière.  J'étais déprimée.  Pas bien. Souvent, j'allais m'asseoir a ses cotés, et je l'écoutais déclamer des poèmes d'une beauté qui tue et fait naître à la fois.  Un après-midi d’hiver, il m'a expliqué la chasse au dîner-express.  Il s'agit de se placer discrètement à une table où se trouvent les restaurants du complexe Desjardins et de surveiller les pertes.  Les restants se faisant rare, on vole le lunch d'une femme d'affaire qui a oublié de se prendre des ustensiles et laissé son shish taouk et sa salade sans surveillance.  On mange le tout avec les mains, derrière les escaliers, très vite, en surveillant la femme qui gueule haut et fort au comptoir des Libanais qui n'y comprennent rien mais qui lui remplacent tout de même son lunch.  On est stressé à mort, avec les gardes de sécurité un peu partout, mais après, on  rit à s'en éclater le cœur.  Il est beau l'Homme quand il rit.  Ça jaillit de sa gorge : toute cette intense soif de vie qui est encore en lui, malgré lui. J'ai joint mon rire au sien, et le ciel s'est soulevé un peu, nous laissant respirer, le ventre plein.

Cet homme, qui est devenu un père spirituel pour moi, s'est sorti de la  rue.  Il a même vécu plusieurs mois avec mon conjoint, mes enfants et moi.  Je savais qu'il était atteint du SIDA.  Ce serait mentir que de dire que ça ne m'inquiétait pas.  Je suis humaine.  Et mère.  Ça ne s'est pas fait sans maintes discussions avec des infirmiers spécialisés qui m'ont expliqué et rééexpliqué l'absence de risques, qui ont défait les mythes, qui ont accepté mes peurs et ont su me faire de l'éducation sans jamais me juger.  À mon rythme.

Est ensuite venu ce moment où j'ai compris que nous étions beaucoup plus dangereux pour cet homme que lui pour nous.  3 enfants, des microbes partout.  L'innocence des enfants qui ne se lavent pas les mains, ne font pas attention, des vraies machines à bisous, même quand ils ont la varicelle, la gastro, ou pire, la grippe. Cette époque d'hypervigilance était pénible pour l'Homme.  Elle lui rappelait sans cesse son statut, sa particularité.  Mais il m'a accompagné dans sa maladie.  Il a été patient, même quand je le regardais et ne voyais que mort, tristesse et manque d'espoir au lieu de le voir lui.  Le plus grand cadeau que mon ami m'a fait, c'est celui-là.  De réussir à voir l'humain là où un autre voit une situation sociale.  De voir les yeux, d'y trouver des sourires, de la vie, une âme.  Ça m'a pris des années, mais l'Homme a tué en moi toute pitié.  La pitié tue.  Elle réduit, elle déshumanise.  L'Homme m'a mis en contact avec l'humanité qui est en chacun de nous, et qui ne repose pas sur une condition physique, un handicap ou une situation économique ou sociale précaire.  L'Homme m'a ouvert un monde où je suis capable de trouver de la richesse dans les coins qui peuvent sembler en premier lieu tellement sombres.  Il m'a éveillé à la joie, dans toutes ses formes.

Je finirai ce texte, que je poursuivrai en vous parlant de mon expérience africaine dans un deuxième temps, en remerciant profondément cet homme qui m'a fait grandir au fil des années.  Qui a toujours su être là pour moi, qui m'a accepté dans mes faiblesses, mes manques, mes peurs, mon manque d'ouverture souvent, ma vision réductrice parfois.  Si j'ai souvent été jugeante et petite, il ne l'a lui, jamais été.  Il a eu foi en moi.  Il a su se livrer, m'ouvrir ses blessures, se montrer dans son entièreté en me faisant, toujours, confiance.  Sans toi mon ami, et je le dis avec tout ce que j'ai d'amour et de reconnaissance, je ne serais jamais ce que je suis aujourd'hui.

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Bonne lecture!


Sorcellerie et pendaisons au Passoré : 35 suicides sur 102 tentatives

vendredi 10 juillet 2009
L’Afrique a ses mythes et ses mystères. La pratique supposée ou vraie de la sorcellerie donne lieu à des pendaisons multiples dans la région du Nord du Burkina Faso. Dans la province du Passoré, le phénomène est entier. Le silence des uns rend atroce la souffrance des autres.
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Au Burkina Faso, la sorcellerie a arbitrairement un visage féminin bien observable au centre “ Delwendé ” de Tanghin au secteur n°23 de Ouagadougou où une centaine de pauvres vieilles femmes rejetées à tort par la société y survivent, grâce aux religieuses catholiques dans une sorte de “ prison de la liberté ”. Bien que cette injustice soit l’apanage du Plateau mossi, elle est plus manifeste et pernicieuse dans la région Nord du pays. Le phénomène des mangeuses d’âmes crée une psychose dans la province du Passoré en général et dans son chef-lieu Yako en particulier. Tel un serpent de mer et sur fond de mysticisme, la sorcellerie réelle ou imaginaire a un impact considérable sur le vécu des populations de cette partie du Burkina Faso. Pendaisons et exclusions sociales, sont autant de graves conséquences qu’elle engendre. Les accusées de mangeuses d’âmes sont publiquement violentées et subissent les sévices les plus inhumains. Lynchage, déchéance et bannissement de l’accusé conduisent à une mort sociale certaine de l’individu transformé en un zombi, voire un “animal” condamné à l’errance et à la mort.

“Lorsqu’on m’a accusée de sorcellerie et procédé à mon exclusion, j’ai vécu huit jours dans la brousse, dans la faim et la soif. Ma seule compagnie était les chants des oiseaux. N’ayant plus envie de vivre, j’ai tenté de mettre fin à ma vie en consommant les raticides. J’ai vomi durant trois jours ”, témoigne Sibidou Bassyam, la cinquantaine dépassée. Chassées de chez elles, les femmes accusées de sorcellerie sont interdites de séjour aussi bien dans leurs foyers que dans leurs familles. Considérées comme des pestiférées, il leur est réfusé la moindre assistance et le moindre geste de solidarité. “N’eut été l’existence de nos centres d’accueil, ces personnes seraient vouées à une mort certaine”, a confié la sœur Rita Tankoano, responsable du centre accueillant les femmes accusées de sorcellerie à Tema Bokin, une commune rurale du Passoré.
“ Pour me faire partir, instruction a été donnée à tous les habitants du village de ne plus m’adresser la parole. Ainsi, j’ai été privée de nourriture et d’eau”, confie Jacqueline Yili. Veuve depuis dix ans, elle a été contrainte d’abandonner ses trois fillettes et de quitter la ville “ dix jours avant que la sentence ne soit prononcée ”. Les femmes accusées de sorcellerie dans le Passoré partagent le même lot de souffrances. Entre autres, le veuvage, la polygamie avec ou sans enfants. Les champs de certaines femmes ont été détruits. D’autres ont vu leurs enfants interdits de fréquenter ou d’apporter une assistance à leurs parents, sous peine de se voir également exclus. Les pensionnaires accusent certains responsables coutumiers d’inciter les supposées mangeuses d’âmes au suicide.


“Un vieux du village a même poussé l’outrecuidance en me signifiant d’aller me suicider si je connais la honte ”, se souvient Marceline Konkobo, âgée de 68 ans. Quant à Suzanne Bamogo, les larmes aux yeux, elle se remémore les conditions dans lesquelles elle a été expulsée. Sous le poids d’un demi-siècle de vie, elle jure qu’elle quittera ce monde sans oublier ce qu’elle a subi comme brutalités et brimades. “Ils m’ont passée à tabac avec ce qu’ils avaient comme objets sous la main. J’ai reçu des coups en plein visage et j’ai beaucoup saigné ”, raconte-elle en sanglots. Avant de conclure à l’endroit de ses tortionnaires : “C’est Dieu qui jugera les actes de chacun.” Abandonnées par les siens dans leurs familles d’origine et rejetées par leurs beaux-parents, les femmes accusées de sorcellerie sont mises à l’index comme des esclaves traînant des chaînes, des malades sous quarantaine ou des êtres très répugnants. Elles ne peuvent espérer une inhumation dans le cimetière commun au village. “Nous sommes obligés de les enterrer dans les cimetières chrétiens car même mortes, elles sont rejetées ”, revèle la sœur Rita Tankoano.

Une enquête menée en 2006 sur l’exclusion sociale des personnes âgées au Burkina Faso et dans la sous-région par le Pr Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouagadougou, indique que 78% des personnes exclues vivent avec moins de cinq cents francs par mois. Celles qui ont toujours la possibilité de se déplacer ramassent les excréments d’animaux, du bois de chauffe, cultivent du mil, du sorgho, du haricot, du fonio, du sésame, des oléagineux, des légumes, du potage et du coton. Elles écoulent difficilement leurs produits à cause des préjugés et des stigmatisations à leur égard. Les invalides sont clouées dans des maisons délabrées car frappées par l’âge, elles ne peuvent plus se déplacer et vivent des aides diverses. Celles-ci n’ont qu’une seule prière, “ implorer Dieu pour être rappelées au Ciel ”.

L’exclusion sociale pour cause de sorcellerie est si forte que l’Eglise catholique s’est vue obliger d’intervenir en recueillant les victimes pour leur éviter la mort par suicide. L’identification des mangeuses d’âmes cache tout un simulacre. Le mystère est total et entier. Aucune science exacte ne peut démontrer rationnellement la culpabilité des accusées. La preuve irréfutable n’existe pas. L’accusation se fonde sur des suppositions, des coïncidences et cachent bien des règlements de compte. Dans le domaine coutumier, des rites d’identification existent avec leurs insuffisances, car dépendant des convictions des nécromanciens, détenteurs des pouvoirs mystiques pour interroger des cadavres sur les raison de leur mort. Parmi les rites d’identification des mangeuses d’âmes, figure le célèbre “port de cadavre”.

Une pratique à polémique

Ce rite est source de bien d’incompréhensions entre l’administration judiciaire, les services de l’action sociale, la gendarmerie, la police, les mouvements des droits de l’Homme, les associations féminines d’une part et les gardiens de la coutume d’autre part. “ Un individu qui a été incapable de son vivant d’empêcher que l’on intente à sa vie peut-il animer un corps inerte au point de l’obliger à désigner son meurtrier ?," interroge Etienne Yé, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Yako. Face à ce raisonnement juridique, l’un des ministres de Naba Sigri de Yako défie le chef du ministère public : “Si le procureur ne croit pas à la véracité de notre port de cadavre pour détecter certaines mangeuses d’âmes, nous l’invitons à tenter l’expérience, il saura que les fétiches ne mentent pas”. Le Goungha Naaba étaye ces propos défiants en relatant l’histoire d’un gendarme en service à Yako qui niait aussi l’efficacité du port de cadavre : “ Ayant assisté et même participé une fois au port de cadavre, le pandore incrédule a perdu son béret sous l’effet des forces invisibles qui le guidaient.
Il a du coup promis en son temps, d’être le porte-parole des gardiens de coutume auprès de sa hiérarchie ”. Le traditionnaliste et chef coutumier de Sancé dans la province du BAM, Paul Tennoaga, recommande au Procureur de relativiser un tant soit peu ses propos. Bien qu’ émettant le doute sur la bonne foi des porteurs de cadavre d’aujourd’hui, il confirme la possibilité d’amener un cadavre à marcher pour désigner l’auteur de sa mort. Le chef coutumier de Sancé explique tout de même que les maléfices qui animent le corps sans vie en l’obligeant à se diriger vers une direction précise sont ésotériques et tendent à disparaitre de nos jours. “Seules certaines personnes initiées maîtrisent encore ces élémentaux”, soutient Paul Tennoaga Ouédraogo. Il affirme avec foi pouvoir particulièrement dompter ces maléfices : “Je vais avec un parent à Kaya qui meurt en court de route. On décide de l’enterrer à Kongoussi. J’anime le corps à une certaine heure donnée, il va se lever et marcher de Kaya à Kongoussi et mourir de nouveau à Kongoussi. Non pas qu’il ne fût pas mort mais il a été animé par quelque chose d’autre.

Toutes ces choses ont été oubliées et sont mortes avec les personnes qui les détenaient". Le port de cadavre dans la province du Passoré a la peau dure. Les services de l’action sociale et de la gendarmerie en dénombrent plus de 100 ports entre 2007 et 2008.Les porteurs sont tellement convaincus de leurs pratiques que des sages ont même franchi le Rubicond en allant demander l’autorisation à la gendarmerie et à la police pour pouvoir pratiquer ce rite en toute liberté et se faire justice. Le procureur du Faso, Etienne Yé suggère “ le bâton et la carotte ” – la sensibilisation avant la répression - pour freiner cette pratique. Se voir désigner et qualifier de mangeuses d’âmes a des conséquences graves sur la vie des présumées. La plus probable est le choix pour les accusées de se suicider. Les chiffres sont effarants et troublants : trente-six (36) pendaisons par an. “C’est ma première fois dans une juridiction de constater un taux aussi élevé de suicides par pendaison ou par noyade dans un puit. C’est très fréquent. Au minimum une à deux pendaisons par mois”, indique le procureur du Faso. Des sources proches de la gendarmerie et de la police ajoutent que la seule ville de Yako enregistre 5 à 6 pendaisons par mois.

Des suicides en cascades

Les autres départements de Arbollé, Gomposom,Tema-Bokin et la province voisine du Kourwéogo à travers son chef-lieu Boussé, détiennent la sinistre palme de pendaisons. “ Souvent nous sommes obligés de faire appel aux rites coutumiers pour exorciser cette propension à se pendre. Cependant la situation reste préoccupante et catastrophique. Le nombre de pendaisons est très élevé. Il y a des pendus qu’on découvre 3 jours après. Il est difficile de mettre fin au phénomène de pendaison dans ces localités”, avoue une source policière anonyme. Cette même inquiétude face à un phénomène grandissant est ressentie chez le haut-commissaire du Passoré, Lamourdia Thiombiano :“ Le phénomène des pendaisons est très important car les statistiques font frémir ”.
Le nombre des pendaisons a atteint un seuil critique qui échappe à la compréhension des acteurs judiciaires. “ Je demande toujours à mes collègues si nous n’allons pas finir nous aussi par nous pendre. Il y a beaucoup de procès-verbaux de cas de pendaisons dans nos tiroirs”, craint le procureur. Le haut-commissaire, déboussolé par le phénomène, a entrepris une tournée de sensibilisation dans les neuf départements de la province. A peine rentrés de ce périple, les gardiens de la coutume ont chassé dix femmes accusées de mangeuses d’âmes. La psychose s’est encore emparée de la localité. “Il est très difficile de trouver une formule magique pour arrêter le phénomène. C’est un combat de longue haleine à travers la sensibilisation et la répression. De ce fait, il ne faut pas s’attendre à l’éradication rapide du phénomène à Yako ”, avertit le haut-commissaire.

La persistance du phénomène effraie à la fois les acteurs judiciaires et les forces de l’ordre. La gendarmerie a même spécialement affecté un agent investi uniquement de la délicate mission d’œuvrer à l’arrêt de ces tragédies humaines. Ce fut peine perdue. Le pandore spécial, combattant la sorcellerie et les suicides, a vite déchanté : “ Le problème dépasse les compétences d’un seul gendarme quelle que soit sa bonne volonté. Tous les matins, lorsque je me réveille, la première des choses est de demander au bon Dieu d’intervenir par miracle pour que je quitte Yako”. Sans même être accusés de sorcellerie, des individus optent pour des raisons totalement inconnues de mettre fin à leur vie. L’une des anecdotes tristes sur les cas de pendaison est celle d’un jeune qui s’est ôté la vie par pendaison lors de sa nuit de noces, alors qu’on l’attendait pour aller chercher la mariée.

Selon Eloi Adama Kara, attaché de santé au service de psychiatrique de l’hôpital de Yako, les tentatives de suicide sont fréquentes. Les statistiques hospitalières montrent qu’en 2007 et 2008, 102 cas pour 900 consultations. Il présente cette dérive humaine comme un phénomène contagieux au plan social qui pourrait devenir un problème de santé publique dans la localité . De sources concordantes, lorsque l’on est accusé de sorcellerie, la seule alternative possible est d’aller se jeter dans un puits tristement célèbre, situé à Songnaaba, à une dizaine de kilomètres de Yako. Les tombes des suicidés autour du trou témoigne de toute la gravité de la situation.

Le visage féminin de l’exclusion sociale Outre la sorcellerie, les raisons des rejets sociaux demeurent les infractions aux coutumes comme le meurtre par sorcellerie, les cas d’inceste, la zoophilie (faire l’amour avec un animal) et l’adultère.

A Yako, l’exclusion sociale a un visage féminin. L’étude du Pr Albert Ouédraogo , sur les personnes rejetées confirme que l’exclusion pour cause de sorcellerie concerne essentiellement les femmes, accusées de sorcellerie. Elles représentent 98% contre 2% pour les hommes. La plus jeune femme exclue a 55 ans et la plus âgée 100 ans, toutes pensionnaires des centres d’accueil de Tema-Bokin et de Yako. La durée du séjour dans ces sites se situe entre 2 mois et 30 ans. Il n’est pas facile d’être exclu(e) social(e). Face à l’ampleur de la situation, les femmes ont décidé de se défendre. Des voix se sont élevées pour interpeller les leaders d’opinion, les autorités politiques, coutumières et religieuses à une prise de conscience. Sont de celles-là, la coordination des associations féminines du Passoré qui menace de marcher, si rien n’est fait, afin de montrer son ras-le-bol contre une pratique dégradante à l’égard de milliers de femmes.

La commune rurale de Tema-Bokin à 55 Km de Yako semble détenir la flamme du port de cadavre. La vie dans cette cité est rythmée de pendaisons, suicides, mariages forcés, incestes, tentatives d’élimination etc. Pour attaquer ces maux, le maire Ernest Nongma Ouédraogo envisage les jours à venir une session du conseil municipal consacrée à une réflexion en vue de dégager des pistes pour lutter contre ces phénomènes sociaux. “ Nous sommes conscients de la situation. Ces pratiques ont la peau dure dans notre commune.
Elles ont pris de l’ampleur ces dernières années ”, a-t-il reconnu. Pour le bourgmestre, l’existence d’un centre d’accueil semble conforter les bourreaux dans leur élan de chasser sans scrupule les personnes accusées de sorcellerie car ils se disent qu’il y a un logis pour les accueillir. Les centres d’accueil et les maisons de solidarité deviennent des auspices ou un asile de retraite et constituent alors un salut pour ces pauvres vieilles. Ces demeures communautaires et collectives sont loin d’être un havre de paix pour ces exclues sociales traumatisées et hantées par les regards et les sévices accusateurs. L’exclusion sociale due à la sorcellerie est si réelle que l’Eglise catholique s’est vue obliger d’intervenir pour recueillir les victimes et leur éviter la mort par suicide. Seulement, cette œuvre salvatrice s’étouffe sous le nombre impressionnant des pensionnaires. Du coup, les aides à l’endroit des femmes sont devenues sporadiques, selon les résultats de l’enquête réalisée en 2006. Actuellement douze accusées vivent au centre missionnaire de Yako, 42 à Tema-Bokin.

Jean-Victor OUEDRAOGO (Ouedraogo _ jeanvictor@ yahoo.fr)

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Bonne lecture!

samedi 8 février 2014

Bassékou Kouyaté

Bassekou Kouyaté est un musicien malien, né en 1966 dans un village appelé Garana à environ 60 km de Ségou. C'est un joueur de n'goni, un instrument traditionnel.
Bassekou Kouyaté a formé un groupe de ngonis heros avec qui il a enregistré deux albums, Segu Blue et I Speak Fula1
Bassekou Kouyaté et son groupe Ngoni ba.... (Photo : Thomas Dorn)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Segu blue
  • 2009 : I Speak Fula
  • 2013 : Jama Ko (Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba)





Critique de son dernier Album par Lapresse

Bassékou Kouyaté est joint à Chicago. Lorsque le téléphone sonne à sa chambre d'hôtel, on se les y gèle comme à Montréal. Méchant contraste pour ce virtuose qui, l'avant-veille, était sous le soleil de Bamako ! La pire période pour un Malien en tournée nord-américaine ? Un rire sonore a tôt fait de traverser le Midwest pour atteindre le combiné montréalais. Nenni, il n'en fait pas de cas.






En plus d'être d'un commerce fort agréable, notre interviewé est un grand maître du n'goni, sorte de luth traditionnel, de surcroît un instrument central de la musique malienne et l'un des plus importants en Afrique de l'Ouest. 
Lancé sous étiquette Out/Here, son album Jama Ko doit être considéré comme l'un des meilleurs de l'entière production africaine en 2013. À la fois traditionnel et moderne, traversé par le blues et le rock.
On sait que les racines du blues sont enfouies dans la région subsaharienne, on sait aussi que l'esprit rock se réclame du blues originel, et voilà ce retour au bercail après des siècles d'exode.
À l'écoute de Jama Ko, cela tombe encore sous le sens. Les n'gonis y sont immergés de distorsion, l'expression traditionnelle s'en trouve transformée et revivifiée. « C'est normal», dit Kouyaté d'une voix grave et dont les R roulés à l'africaine sont invariablement majuscules.
Ce vent de saturation est montréalais, faut-il souligner : gracieuseté de Howard Bilerman, un des incontournables de l'Hotel2Tango, un de nos meilleurs.  Rappelons qu'il a enregistré et/ou réalisé des opus d'Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor, Thee Silver Mt.Zion, Coeur de Pirate ou, tout récemment, L'été de Philémon.
« Venu à Bamako, Howard m'a convaincu d'enregistrer différemment. "Toi et ton groupe jouez très bien mais laisse-moi en créer le son. Laisse-moi faire mon travail", me disait-il au départ. Franchement, je croyais que ça ne marcherait pas avec tant de distorsion. Le changement serait trop grand. On a essayé, et ça a marché. Très bien!  Sur scène? Ça dépend des amplis. Ce n'est pas encore comme en studio mais ça va. »
Une avancée dans le son malien voire le son africain ? Bassékou le croît.
« Mes ancêtres sont restés dans le folklore pendant des siècles. Les générations nouvelles de la musique malienne sont  modernes, elles doivent suivre le monde entier qui ne cesse de changer.»
Pas trop, tout de même. Bassékou Kouyaté est issu d'une très longue lignée de griots bambaras - caste de musiciens, conteurs et gardiens de la culture - il croit toujours à ce rôle ancestral qui lui est attribué. « Le griotisme, insiste-t-il, existe depuis des siècles. Avant la naissance de Jésus-Christ!  Toutes les musiques maliennes ont été entretenues par le griotisme.»
Ainsi, le musicien maîtrise parfaitement sa tradition et c'est la seule et unique condition qui lui permet d'en transgresser les règles patrimoniales. 
« Le n'goni, explique-t-il, est un très vieil instrument. Mon père, grand-père et arrière-grand-père le jouaient plus ou moins de la même façon. Moi, j'en ai favorisé le rayonnement international, j'en ai changé le jeu et la lutherie. Mon père jouait le n'goni à quatre cordes, mon grand-père jouait le n'goni à trois cordes. Aujourd'hui, il se trouve des ngonis qui peuvent compter entre sept et neuf cordes. Cette amélioration de l'instrument permet aux joueurs s'adapter à plusieurs styles - jazz, world, musique classique occidentale, etc. Devenu moderne, le n'goni a changé; il peut couvrir plusieurs tonalités.  Il existe désormais différentes variétés de l'instrument : certains remplacent la basse électrique, d'autres couvrent des registres plus étendus. J'y suis pour quelque chose.»
Bassékou Kouyaté peut le prétendre. 
«Aujourd'hui, se réjouit-il, la connaissance harmonique des musiciens maliens est plus grande. Ils ont gagné en précision et en rapidité, ils sont ouverts aux musiques d'ailleurs. Grâce à Howard Bilerman, la distorsion apporte aussi quelque chose de neuf au son malien. Il ne faut donc jamais cesser d'innover.»
Force est de déduire que Bassékou Kouyaté est à la fois porteur de tradition et acteur du changement. Il en est de même dans la vie familiale. Le musicien est marié à l'excellente chanteuse Amy Sacko, excellente chanteuse malienne avec qui il a eu quatre enfants. Sa tendre moitié et deux de leurs fils, Mamadou et Moustafa, se produisent au sein de Ngoni Ba. Moustafa, d'ailleurs a travaillé avec Romain Malagnoux, auteur-compositeur-interprète français établi au Québec et fan fini de musique africaine de l'Ouest. De cette collaboration, de cette amitié, résulte l'album Les frontières imaginaires, dont la matière sera jouée ce dimanche à La Tulipe, en première partie du concert de Ngoni Ba.
« Il a passé beaucoup de temps au Mali, il a rencontré mon fils, fait un album où ma femme et moi-même avons participé. Vous savez, mous avons une très bonne connexion avec le Québec. J'adore!  On parle français chez vous, les gens sont très gentils. Même mon ingénieur du son et gérant de tournée, vient de Montréal. Je suis à l'aise avec les Québécois, j'y suis venu très souvent.»
Prêts pour un sommet Mali-Québec?
***
NOTE INFRA : 
Ce dimanche à La Tulipe, 20h30, les Productions Nuits d'Afrique présentent Bassekou Kouyaté et son groupe Ngoni Ba :  Bassekou Kouyaté (n'goni solo), Amy Sacko (voix), Moustafa Kouyaté (n'goni basse), Abou Sissoko: (n'goni medium), Mahamadou Tounkara (yabara, tama), Moctar Kouyaté (calebasse). Ngoni Ba sera précédé par le spectacle de Moustafa Kouyaté (djeli n'goni, chant), Romain Malagnoux (guitare classique, guitare folk, chant), Tapa Diarra (chant), Marc Fournier (basse électrique), Lasso Sanou (calebasse, tamani, flute peulh).

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Bonne lecture!

vendredi 7 février 2014

Fasopro met des chenilles dans vos assiettes

Fasopro met des chenilles dans vos assiettes


Burkina Faso Chenilles DRFasopro, une jeune start-up burkinabè, a lancé une campagne de financement en vue de commercialiser... la chenille de karité. Le démarrage de la phase industrielle au Burkina Faso est prévu pour 2015.
Lutter contre la malnutrition grâce aux insectes ? C'est possible. Et c'est bien ce qu'entend démontrer Fasopro, une jeune start-up burkinabè qui vient de lancer une campagne de financement participatif en ligne afin de commercialiser son produit phare : la chenille de karité. Alors que l'ONU vient d'annoncer la création d'un plan triennal d'intervention stratégique visant à récolter 2 milliards de dollars afin de lutter contre l'insécurité alimentaire dans le Sahel, les initiatives locales pour lutter contre le fléau de la malnutrition en Afrique se multiplient.
Parmi les plus prometteuses, Fasopro s'est spécialisée dans le développement de produits nutritionnels à base de chenilles de karité. Très consommées au Burkina, et plus particulièrement dans l'ouest du pays, ces dernières ont l'avantage d'être très riches en protéines et de pouvoir ainsi se substituer à la viande.
La chenille pourrait se vendre en supermarchés mais aussi être intégrée aux menus de certains restaurants burkinabè
À l'origine de Fasopro, Kahitouo Hien, un jeune ingénieur diplômé de l'Institut international d'ingénierie et de recherche de l'environnement (2iE) à Ouagadougou. En 2012, alors qu'il est encore étudiant, son projet est déjà récompensé par le prix du meilleur impact social lors de la Global Social Venture Competition qui a lieu tous les ans à Berkeley, aux États-Unis.
Maîtriser l'élevage des chenilles
Profitant aujourd'hui du technopôle 2iE et de son "incubateur" qui met à disposition des moyens techniques et financiers pour ses recherches, Kahitouo travaille sur la commercialisation de chenilles fraîches conditionnées en sachet de 200 g, 500 g et 1 kg. Au préalable, le jeune entrepreneur étudie les différentes façons de maîtriser l'élevage de chenilles qui n'existe pas, pour l'instant, au Burkina Faso.
Selon Lisa Barutel, chargée d'entreprenariat au technopôle 2iE, le principal problème réside avant tout dans le fait que les chenilles dorment 9 mois par an. "Il faut donc trouver le moyen de réduire ce temps de sommeil à seulement un mois afin d'avoir des chenilles disponibles toute l'année", explique t-elle.
Lancement de la phase industrielle en 2015
Sur un coût total de 460 000 euros, Fasopro a besoin de 50 000 euros pour la "phase pilote" de son projet. Pour ce faire, une levée de de fond a été lancée via une campagne de financement participatif en ligne. Pour l'instant, celle-ci vise à récolter 10 000 euros et le reste devrait provenir de fondations et autres partenaires du projet. Une fois l'acquisition et la location des équipements de productions effectués, la collecte des chenilles devrait commencer en juillet 2014.
Cette dernière sera réalisée par une centaine de femmes qui travaillent habituellement dans la filière karité (noix, beurre). Le but est de collecter 10 tonnes de chenilles afin de tester le produit auprès du public, mais surtout de mettre en place un large réseau de fournisseurs et de distributeurs nécessaires pour le lancement de la phase industrielle en 2015.
Déjà intégré dans les habitudes alimentaires locales, la chenille pourrait donc se vendre en sachet dans les supermarchés et les alimentations mais aussi être intégrée aux menus de certains restaurants burkinabè et intéresser un public étranger. Les sachets d'1 kg seront vendus au prix de 3000 F CFA (4,50 euros) et Fasopro s'est engagé à envoyer un "pack de dégustation" aux donateurs les plus généreux. Avis aux amateurs.

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Bonne lecture!

samedi 25 janvier 2014

Farafina


Farafina a été fondé par le célèbre balafoniste Mahama Konaté. Il est désormais dirigé par Souleymane Sanou dit 'Mani' qui conduit le groupe à travers le monde, multipliant les collaborations prestigieuses. Le groupe a été invité par les Rolling Stones à participer à l'enregistrement de Continental Drift. (Rolling Stones Records), ont aussi enregistré FLASH OF THE SPIRIT, avec Jon Hassell (Intuition Music et Média, 1987), ou encore BEAUTY, avec Ryuichi Sakamoto, 3 titres (CDV-US 14, 1989). En 1988, Farafina fait l'ouverture du concert en l'hommage à Nelson Mandela à Wembley .




Depuis la création de Farafina, au début des années 1980, se sont 4 générations de musiciens qui se sont relayés au sein du groupe. Les plus anciens membres du groupe, présent depuis l'origine sont:
  • Souleymane Sanou, doundoumba, kora, chekere et danse
  • Soungalo Coulibaly, flûte bara et chœurs
En 2013, les autres membres sont:
  • Fatoumata Dembele, chant;
  • Moussa Sanou, kora, tama et chant
  • Seydou Dembele, djembe, doundoum, bara, balafon et chœurs
  • Salif Ouattara, djembé
  • Lamoussa Sanou, doundoum, bara et balafon
  • Boakary Dembele, djembe, doundoum, bara et balafon

         

DisquesAnnée
Bolomakote (VeraBRA/Intuition 26,)1989
Farafina Live At Montreux Jazz Festival (Artways Productions ART 2929)1985
Faso Denou (Realworld CDRW ,)1993
Nemako (Intuition Music INT 3241-2)1998
Kanou (L'Empreinte Digitale ED 13134)2002

Lien: http://www.artways.com/fr/artists/farafina/
Page Facebook: www.facebook.com/farafina.burkinafaso?fref=ts

Vidéos








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dimanche 19 janvier 2014

Ce qu'on danse au Burkina Faso, ou biographie du coupé-décalé, Zouglou et Macoumba

Macoumba

Je n'ai pas trouvé d'article traitant du Macoumba, mais selon mes amis Ivoiriens, le Macoumba est une danse traditionnelle Bété (Ethnie de la Côte-d'Ivoire et de l'ancien président Laurent Gbagbo) qui a été reprise et rendue plus sexy encore.  Le Macoumba, c'est la danse du popotin par excellence.  D'ailleurs, Laurent Gbagbo, quoique l'on dise de ses qualités de président de la République, était sans contre-dit, un très grand danseur!  Le Macoumba est moins populaire aujourd'hui, il a tranquillement été remplacé par le Zouglou puis par le Coupé-décalé.



Zouglou (Wikipédia)

Le zouglou est un genre musical populaire et urbain né en Côte d'Ivoire. Il relate les réalités sociales diverses vécues par la jeunesse ivoirienne et porte tantôt des messages humoristiques, tantôt des messages politiques, ou bien, plus souvent, délivre des conseils sur la vie.
Sa philosophie est basée sur la culture de l’amour, de l’amitié, de la fraternité et prône l'idéal de la justice et de la paix.
Le zouglou est également connu sous le nom de wôyô et lorsqu'il est pratiqué en acoustique ou en live, sous le nom d'« ambiance facile ».

C’est en 1989 que le zouglou en tant que danse, langage et philosophie, s’exporte de la cité de Yop pour celle d’Abobo. Opokou N’ti, possédant de réelles aptitudes chorégraphiques, a eu la bénédiction de Joe Christy pour « libérer » (danser) à la cité d’Abobo à la demande des « enseignants » qui les avaient invités pour fraterniser. Quelques semaines plus tard viendra la démonstration du zouglou en milieu non-estudiantin, à la salle des fêtes de Koumassi, au moment où le Ziguehi était une réalité en Cote d’Ivoire, facilitée par Alain Tahi et Lago Gaston (Commissaire Tricot). L’homme de lettre et de culture Alain Tahi (étudiant à l’époque) voulait déjà répandre le phénomène.[réf. nécessaire]
En évoluant dans le temps, le zouglou a créé et proposé de façon successive des pas de danses sans toutefois changer véritablement la forme musicale : Gnakpa, Kpaklo. Bien qu'en 1999 le zouglou acquiert une notoriété internationale, grâce à Magic System, le genre reste assez méconnu.
On compte à ce jour plusieurs dizaines de groupes et ou d'artistes zouglou : Petit Denis, Espoir 2000, Les garagistes, Les patrons, Vieux gazeur, Les Galliets, Yodé & Siro (meilleur album Zouglou 2009 avec Signe Zo, Mèlèkè, Lago Paulin, Khunta & Cisco(Gochinago), Nouveaux dirigeants, Coco Hilaire, Oxygène..



Coupé-Décalé (Wikipédia)

C'est en 2003 que le phénomène Coupé Décalé aurait fait son nid ou plutôt ses nids, puisque ce mouvement est né en Côté d'Ivoire et au sein de la communauté ivoirienne installée en France. Le coupé-décalé est une danse avec des chrorégraphies bien établies, une mode avec ses codes vestimentaires et un état d'esprit avec ses valeurs. C'est tout d'abord en Côté d'Ivoire et surtout dans les boîtes de nuit que le mouvement a fait fureur sous le parrainage de Douk Saga, décédé en 2006. La mode coupé-décalé a vite contaminé les villes occidentales.
Quant à la signification du terme, "coupé-décalé" serait une référence à un village du nom d'Akoupé. La tribu de ce village avait une danse que les fondateurs du coupé-décalé ont voulu caricaturer. Petit à petit, ce qui était comme une blaque est devenu plus sérieux. Il faut aussi savoir qu'en ivoirien les termes "coupé" signifie "saoul" et "décalé" "partir".


Vous voulez en apprendre plus sur le Burkina ou l'auteure du blog?  Vous pouvez vous procurer son roman " Seul le poisson mort se laisse porter par le courant " sur www.evelavigne.com, www.smashwords.com/books/view/749075, Amazon, iTunes, Kobo et tous les autres grands distributeurs.

Bonne lecture!