samedi 8 février 2014

Bassékou Kouyaté

Bassekou Kouyaté est un musicien malien, né en 1966 dans un village appelé Garana à environ 60 km de Ségou. C'est un joueur de n'goni, un instrument traditionnel.
Bassekou Kouyaté a formé un groupe de ngonis heros avec qui il a enregistré deux albums, Segu Blue et I Speak Fula1
Bassekou Kouyaté et son groupe Ngoni ba.... (Photo : Thomas Dorn)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Segu blue
  • 2009 : I Speak Fula
  • 2013 : Jama Ko (Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba)





Critique de son dernier Album par Lapresse

Bassékou Kouyaté est joint à Chicago. Lorsque le téléphone sonne à sa chambre d'hôtel, on se les y gèle comme à Montréal. Méchant contraste pour ce virtuose qui, l'avant-veille, était sous le soleil de Bamako ! La pire période pour un Malien en tournée nord-américaine ? Un rire sonore a tôt fait de traverser le Midwest pour atteindre le combiné montréalais. Nenni, il n'en fait pas de cas.






En plus d'être d'un commerce fort agréable, notre interviewé est un grand maître du n'goni, sorte de luth traditionnel, de surcroît un instrument central de la musique malienne et l'un des plus importants en Afrique de l'Ouest. 
Lancé sous étiquette Out/Here, son album Jama Ko doit être considéré comme l'un des meilleurs de l'entière production africaine en 2013. À la fois traditionnel et moderne, traversé par le blues et le rock.
On sait que les racines du blues sont enfouies dans la région subsaharienne, on sait aussi que l'esprit rock se réclame du blues originel, et voilà ce retour au bercail après des siècles d'exode.
À l'écoute de Jama Ko, cela tombe encore sous le sens. Les n'gonis y sont immergés de distorsion, l'expression traditionnelle s'en trouve transformée et revivifiée. « C'est normal», dit Kouyaté d'une voix grave et dont les R roulés à l'africaine sont invariablement majuscules.
Ce vent de saturation est montréalais, faut-il souligner : gracieuseté de Howard Bilerman, un des incontournables de l'Hotel2Tango, un de nos meilleurs.  Rappelons qu'il a enregistré et/ou réalisé des opus d'Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor, Thee Silver Mt.Zion, Coeur de Pirate ou, tout récemment, L'été de Philémon.
« Venu à Bamako, Howard m'a convaincu d'enregistrer différemment. "Toi et ton groupe jouez très bien mais laisse-moi en créer le son. Laisse-moi faire mon travail", me disait-il au départ. Franchement, je croyais que ça ne marcherait pas avec tant de distorsion. Le changement serait trop grand. On a essayé, et ça a marché. Très bien!  Sur scène? Ça dépend des amplis. Ce n'est pas encore comme en studio mais ça va. »
Une avancée dans le son malien voire le son africain ? Bassékou le croît.
« Mes ancêtres sont restés dans le folklore pendant des siècles. Les générations nouvelles de la musique malienne sont  modernes, elles doivent suivre le monde entier qui ne cesse de changer.»
Pas trop, tout de même. Bassékou Kouyaté est issu d'une très longue lignée de griots bambaras - caste de musiciens, conteurs et gardiens de la culture - il croit toujours à ce rôle ancestral qui lui est attribué. « Le griotisme, insiste-t-il, existe depuis des siècles. Avant la naissance de Jésus-Christ!  Toutes les musiques maliennes ont été entretenues par le griotisme.»
Ainsi, le musicien maîtrise parfaitement sa tradition et c'est la seule et unique condition qui lui permet d'en transgresser les règles patrimoniales. 
« Le n'goni, explique-t-il, est un très vieil instrument. Mon père, grand-père et arrière-grand-père le jouaient plus ou moins de la même façon. Moi, j'en ai favorisé le rayonnement international, j'en ai changé le jeu et la lutherie. Mon père jouait le n'goni à quatre cordes, mon grand-père jouait le n'goni à trois cordes. Aujourd'hui, il se trouve des ngonis qui peuvent compter entre sept et neuf cordes. Cette amélioration de l'instrument permet aux joueurs s'adapter à plusieurs styles - jazz, world, musique classique occidentale, etc. Devenu moderne, le n'goni a changé; il peut couvrir plusieurs tonalités.  Il existe désormais différentes variétés de l'instrument : certains remplacent la basse électrique, d'autres couvrent des registres plus étendus. J'y suis pour quelque chose.»
Bassékou Kouyaté peut le prétendre. 
«Aujourd'hui, se réjouit-il, la connaissance harmonique des musiciens maliens est plus grande. Ils ont gagné en précision et en rapidité, ils sont ouverts aux musiques d'ailleurs. Grâce à Howard Bilerman, la distorsion apporte aussi quelque chose de neuf au son malien. Il ne faut donc jamais cesser d'innover.»
Force est de déduire que Bassékou Kouyaté est à la fois porteur de tradition et acteur du changement. Il en est de même dans la vie familiale. Le musicien est marié à l'excellente chanteuse Amy Sacko, excellente chanteuse malienne avec qui il a eu quatre enfants. Sa tendre moitié et deux de leurs fils, Mamadou et Moustafa, se produisent au sein de Ngoni Ba. Moustafa, d'ailleurs a travaillé avec Romain Malagnoux, auteur-compositeur-interprète français établi au Québec et fan fini de musique africaine de l'Ouest. De cette collaboration, de cette amitié, résulte l'album Les frontières imaginaires, dont la matière sera jouée ce dimanche à La Tulipe, en première partie du concert de Ngoni Ba.
« Il a passé beaucoup de temps au Mali, il a rencontré mon fils, fait un album où ma femme et moi-même avons participé. Vous savez, mous avons une très bonne connexion avec le Québec. J'adore!  On parle français chez vous, les gens sont très gentils. Même mon ingénieur du son et gérant de tournée, vient de Montréal. Je suis à l'aise avec les Québécois, j'y suis venu très souvent.»
Prêts pour un sommet Mali-Québec?
***
NOTE INFRA : 
Ce dimanche à La Tulipe, 20h30, les Productions Nuits d'Afrique présentent Bassekou Kouyaté et son groupe Ngoni Ba :  Bassekou Kouyaté (n'goni solo), Amy Sacko (voix), Moustafa Kouyaté (n'goni basse), Abou Sissoko: (n'goni medium), Mahamadou Tounkara (yabara, tama), Moctar Kouyaté (calebasse). Ngoni Ba sera précédé par le spectacle de Moustafa Kouyaté (djeli n'goni, chant), Romain Malagnoux (guitare classique, guitare folk, chant), Tapa Diarra (chant), Marc Fournier (basse électrique), Lasso Sanou (calebasse, tamani, flute peulh).

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Bonne lecture!

vendredi 7 février 2014

Fasopro met des chenilles dans vos assiettes

Fasopro met des chenilles dans vos assiettes


Burkina Faso Chenilles DRFasopro, une jeune start-up burkinabè, a lancé une campagne de financement en vue de commercialiser... la chenille de karité. Le démarrage de la phase industrielle au Burkina Faso est prévu pour 2015.
Lutter contre la malnutrition grâce aux insectes ? C'est possible. Et c'est bien ce qu'entend démontrer Fasopro, une jeune start-up burkinabè qui vient de lancer une campagne de financement participatif en ligne afin de commercialiser son produit phare : la chenille de karité. Alors que l'ONU vient d'annoncer la création d'un plan triennal d'intervention stratégique visant à récolter 2 milliards de dollars afin de lutter contre l'insécurité alimentaire dans le Sahel, les initiatives locales pour lutter contre le fléau de la malnutrition en Afrique se multiplient.
Parmi les plus prometteuses, Fasopro s'est spécialisée dans le développement de produits nutritionnels à base de chenilles de karité. Très consommées au Burkina, et plus particulièrement dans l'ouest du pays, ces dernières ont l'avantage d'être très riches en protéines et de pouvoir ainsi se substituer à la viande.
La chenille pourrait se vendre en supermarchés mais aussi être intégrée aux menus de certains restaurants burkinabè
À l'origine de Fasopro, Kahitouo Hien, un jeune ingénieur diplômé de l'Institut international d'ingénierie et de recherche de l'environnement (2iE) à Ouagadougou. En 2012, alors qu'il est encore étudiant, son projet est déjà récompensé par le prix du meilleur impact social lors de la Global Social Venture Competition qui a lieu tous les ans à Berkeley, aux États-Unis.
Maîtriser l'élevage des chenilles
Profitant aujourd'hui du technopôle 2iE et de son "incubateur" qui met à disposition des moyens techniques et financiers pour ses recherches, Kahitouo travaille sur la commercialisation de chenilles fraîches conditionnées en sachet de 200 g, 500 g et 1 kg. Au préalable, le jeune entrepreneur étudie les différentes façons de maîtriser l'élevage de chenilles qui n'existe pas, pour l'instant, au Burkina Faso.
Selon Lisa Barutel, chargée d'entreprenariat au technopôle 2iE, le principal problème réside avant tout dans le fait que les chenilles dorment 9 mois par an. "Il faut donc trouver le moyen de réduire ce temps de sommeil à seulement un mois afin d'avoir des chenilles disponibles toute l'année", explique t-elle.
Lancement de la phase industrielle en 2015
Sur un coût total de 460 000 euros, Fasopro a besoin de 50 000 euros pour la "phase pilote" de son projet. Pour ce faire, une levée de de fond a été lancée via une campagne de financement participatif en ligne. Pour l'instant, celle-ci vise à récolter 10 000 euros et le reste devrait provenir de fondations et autres partenaires du projet. Une fois l'acquisition et la location des équipements de productions effectués, la collecte des chenilles devrait commencer en juillet 2014.
Cette dernière sera réalisée par une centaine de femmes qui travaillent habituellement dans la filière karité (noix, beurre). Le but est de collecter 10 tonnes de chenilles afin de tester le produit auprès du public, mais surtout de mettre en place un large réseau de fournisseurs et de distributeurs nécessaires pour le lancement de la phase industrielle en 2015.
Déjà intégré dans les habitudes alimentaires locales, la chenille pourrait donc se vendre en sachet dans les supermarchés et les alimentations mais aussi être intégrée aux menus de certains restaurants burkinabè et intéresser un public étranger. Les sachets d'1 kg seront vendus au prix de 3000 F CFA (4,50 euros) et Fasopro s'est engagé à envoyer un "pack de dégustation" aux donateurs les plus généreux. Avis aux amateurs.

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samedi 25 janvier 2014

Farafina


Farafina a été fondé par le célèbre balafoniste Mahama Konaté. Il est désormais dirigé par Souleymane Sanou dit 'Mani' qui conduit le groupe à travers le monde, multipliant les collaborations prestigieuses. Le groupe a été invité par les Rolling Stones à participer à l'enregistrement de Continental Drift. (Rolling Stones Records), ont aussi enregistré FLASH OF THE SPIRIT, avec Jon Hassell (Intuition Music et Média, 1987), ou encore BEAUTY, avec Ryuichi Sakamoto, 3 titres (CDV-US 14, 1989). En 1988, Farafina fait l'ouverture du concert en l'hommage à Nelson Mandela à Wembley .




Depuis la création de Farafina, au début des années 1980, se sont 4 générations de musiciens qui se sont relayés au sein du groupe. Les plus anciens membres du groupe, présent depuis l'origine sont:
  • Souleymane Sanou, doundoumba, kora, chekere et danse
  • Soungalo Coulibaly, flûte bara et chœurs
En 2013, les autres membres sont:
  • Fatoumata Dembele, chant;
  • Moussa Sanou, kora, tama et chant
  • Seydou Dembele, djembe, doundoum, bara, balafon et chœurs
  • Salif Ouattara, djembé
  • Lamoussa Sanou, doundoum, bara et balafon
  • Boakary Dembele, djembe, doundoum, bara et balafon

         

DisquesAnnée
Bolomakote (VeraBRA/Intuition 26,)1989
Farafina Live At Montreux Jazz Festival (Artways Productions ART 2929)1985
Faso Denou (Realworld CDRW ,)1993
Nemako (Intuition Music INT 3241-2)1998
Kanou (L'Empreinte Digitale ED 13134)2002

Lien: http://www.artways.com/fr/artists/farafina/
Page Facebook: www.facebook.com/farafina.burkinafaso?fref=ts

Vidéos








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dimanche 19 janvier 2014

Ce qu'on danse au Burkina Faso, ou biographie du coupé-décalé, Zouglou et Macoumba

Macoumba

Je n'ai pas trouvé d'article traitant du Macoumba, mais selon mes amis Ivoiriens, le Macoumba est une danse traditionnelle Bété (Ethnie de la Côte-d'Ivoire et de l'ancien président Laurent Gbagbo) qui a été reprise et rendue plus sexy encore.  Le Macoumba, c'est la danse du popotin par excellence.  D'ailleurs, Laurent Gbagbo, quoique l'on dise de ses qualités de président de la République, était sans contre-dit, un très grand danseur!  Le Macoumba est moins populaire aujourd'hui, il a tranquillement été remplacé par le Zouglou puis par le Coupé-décalé.



Zouglou (Wikipédia)

Le zouglou est un genre musical populaire et urbain né en Côte d'Ivoire. Il relate les réalités sociales diverses vécues par la jeunesse ivoirienne et porte tantôt des messages humoristiques, tantôt des messages politiques, ou bien, plus souvent, délivre des conseils sur la vie.
Sa philosophie est basée sur la culture de l’amour, de l’amitié, de la fraternité et prône l'idéal de la justice et de la paix.
Le zouglou est également connu sous le nom de wôyô et lorsqu'il est pratiqué en acoustique ou en live, sous le nom d'« ambiance facile ».

C’est en 1989 que le zouglou en tant que danse, langage et philosophie, s’exporte de la cité de Yop pour celle d’Abobo. Opokou N’ti, possédant de réelles aptitudes chorégraphiques, a eu la bénédiction de Joe Christy pour « libérer » (danser) à la cité d’Abobo à la demande des « enseignants » qui les avaient invités pour fraterniser. Quelques semaines plus tard viendra la démonstration du zouglou en milieu non-estudiantin, à la salle des fêtes de Koumassi, au moment où le Ziguehi était une réalité en Cote d’Ivoire, facilitée par Alain Tahi et Lago Gaston (Commissaire Tricot). L’homme de lettre et de culture Alain Tahi (étudiant à l’époque) voulait déjà répandre le phénomène.[réf. nécessaire]
En évoluant dans le temps, le zouglou a créé et proposé de façon successive des pas de danses sans toutefois changer véritablement la forme musicale : Gnakpa, Kpaklo. Bien qu'en 1999 le zouglou acquiert une notoriété internationale, grâce à Magic System, le genre reste assez méconnu.
On compte à ce jour plusieurs dizaines de groupes et ou d'artistes zouglou : Petit Denis, Espoir 2000, Les garagistes, Les patrons, Vieux gazeur, Les Galliets, Yodé & Siro (meilleur album Zouglou 2009 avec Signe Zo, Mèlèkè, Lago Paulin, Khunta & Cisco(Gochinago), Nouveaux dirigeants, Coco Hilaire, Oxygène..



Coupé-Décalé (Wikipédia)

C'est en 2003 que le phénomène Coupé Décalé aurait fait son nid ou plutôt ses nids, puisque ce mouvement est né en Côté d'Ivoire et au sein de la communauté ivoirienne installée en France. Le coupé-décalé est une danse avec des chrorégraphies bien établies, une mode avec ses codes vestimentaires et un état d'esprit avec ses valeurs. C'est tout d'abord en Côté d'Ivoire et surtout dans les boîtes de nuit que le mouvement a fait fureur sous le parrainage de Douk Saga, décédé en 2006. La mode coupé-décalé a vite contaminé les villes occidentales.
Quant à la signification du terme, "coupé-décalé" serait une référence à un village du nom d'Akoupé. La tribu de ce village avait une danse que les fondateurs du coupé-décalé ont voulu caricaturer. Petit à petit, ce qui était comme une blaque est devenu plus sérieux. Il faut aussi savoir qu'en ivoirien les termes "coupé" signifie "saoul" et "décalé" "partir".


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samedi 18 janvier 2014

Le Burkina se lève.... Enfin!

Démonstration de force de l'opposition burkinabè

Dans les rues de Ouagadougou, ce samedi 18 janvier.
Dans les rues de Ouagadougou, ce samedi 18 janvier.
AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Par RFI
Très forte mobilisation dans les rues de plusieurs villes du Burkina Faso ce samedi 18 janvier. Si la police parle de 10 000 manifestants, selon l'Agence France-Presse, les organisateurs parlent, eux, de 250 000 personnes à Ouagadougou et 500 000 à travers le pays. L'opposition dénonce la révision de l'article 37 de la Constitution limitant à deux quinquennats les mandats présidentiels. Elle permettrait au président Blaise Compaoré de se présenter pour un troisième mandat en 2015. La manifestation s'est déroulée dans le calme à Ouagadougou, en présence des leaders historiques du parti présidentiel qui viennent de démissionner du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Avec notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Carine Frenk
Ils sont arrivés ensemble ce samedi matin, ils étaient assis l’un à côté de l’autre pendant le meeting, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition et Roch Marc Christian Kaboré, l’ancien président de l’Assemblée nationale qui a été ovationné par la foule. C’était impensable il y a quelques semaines encore.
Derrière eux, des dizaines de milliers de personnes sous une pluie battante, une pluie hors saison qui fait dire aux manifestants que la journée est bénie. La marche s’est déroulée dans le calme. Beaucoup de détermination dans la foule. « On n’est pas là pour plaisanter, il faut que Blaise Compaoré renonce à son projet, qu’il termine son mandat et qu’il parte », lance un manifestant. « Depuis que je suis né, je n’ai connu qu’un seul président et j’ai un fils aujourd’hui », explique-t-il. « Vingt-sept ans, ça suffit ! », renchérit un jeune, sifflet à la bouche. « Nous sifflons la fin du match, pas question d’accepter qu’il joue les prolongations. »

→ A (RE) LIRE : Burkina Faso: une manifestation test pour l’opposition

Ce samedi soir, Zéphirin Diabré parle d’un jour « historique ». C’est la plus grande manifestation qu’ait connue le pays, selon lui. « Quelque chose est en train de se passer, ici, fait observer un leader de la société civile. L’opposition n’est plus petite au Burkina Faso ».

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Thomas Sankara

Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabè. Il est né le  à Yako en Haute-Volta et mort assassiné le à Ouagadougou au Burkina Faso.
Il incarne et dirige la révolution burkinabè du  jusqu'à son assassinat lors d'un coup d'État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Il fait notamment changer le nom de la Haute-Volta, nom issu de la colonisation, en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie pays des hommes intègres. Il conduit une politique d'affranchissement du peuple burkinabè. Son gouvernement entreprend des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l'éducation, l'agriculture et le statut des femmes.




Biographie

Thomas Isidore Noël Sankara était un « Peul-Mossi » issu d'une famille catholique. Son père était un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Il a fait ses études secondaires d'abord au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, puis à partir de la seconde et jusqu'au bac à Ouagadougou, au PMK, le Prytanée militaire du Kadiogo. Il a suivi tout comme son ami Blaise Compaoré une formation d'officier à l'École militaire inter-armée (EMIA) de Yaoundé au Cameroun, puis à l'Académie militaire d'Antsirabe, à Madagascar, et devint en 1976 commandant du CNEC, le Centre national d'entraînement commando, situé à Pô, dans la province du Nahouri, à150 km au sud de la capitale. La même année, ils prennent part à un stage d'aguerrissement au Maroc. Ensemble, ils fondent le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo, Boukary Kabore et Jean-Baptiste Lingani.
En septembre 1981, il devient secrétaire d'État à l'information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Il démissionne le 21 avril 1982, déclarant « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! »
Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État portait au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Sankara devint Premier ministre en janvier 1983, mais fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand1,2,3. Le lien entre la visite de Guy Penne et l'arrestation de Sankara reste sujet à controverse, même si les soupçons d'une intervention française restent forts4.
Un nouveau coup d'État, le 4 août 1983, place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire. Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d'orientation politique », écrit par Valère Somé. Son gouvernement retira aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer. Il créa les CDR (Comités de défense de la révolution), qui eurent toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant parfois régner une terreur peu conforme aux objectifs de lutte contre la corruption5.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné lors d'un coup d'État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire. L'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabè a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies (voir Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme)6. Par ailleurs, le gouvernement français de l'époque (cohabitation entre Jacques Chirac qui gouverne et François Mitterrand qui préside) est soupçonné d'avoir joué un rôle dans cet assassinat, ainsi que plusieurs autres gouvernements africains gouvernés par des amis de la France7,4. Son frère d'armes, Blaise Compaoré, actuel président du Burkina Faso, est soupçonné d'être le principal responsable de son assassinat avec d'autres acteurs politiques. Kadhafi pourrait aussi être impliqué et avoir utilisé ce meurtre pour redevenir un ami de la France. C'est notamment la famille Sankara, réfugiée en France, qui soutient ces hypothèses. Cette hypothèse est aussi soutenue par la plupart des historiens africains8,4. En novembre 1986, il avait attaqué la France de la cohabitation devant les caméras en présence de François Mitterrand pour avoir accueilli Pieter Botha, le premier ministre d'Afrique du Sud, et Jonas Savimbi chef de l'UNITA, l'un et l'autre « couverts de sang des pieds jusqu'à la tête »9. De ce fait, aux yeux de Thomas Sankara, ces gouvernants « en portent aujourd'hui et toujours la responsabilité »10. Si la décision de condamner l'absence d'enquête constitue une première mondiale dans la lutte contre l'impunité, elle est insuffisante, puisqu'elle n'a conduit à aucune condamnation.
Thomas Sankara (et certains de ses camarades tués lors du coup d'État) furent enterrés sans tombeaux au Cimetière de Dagnoën à Ouagadougou à 12° 21′ 55.58″ N1° 29′ 1.05″ O. Plus tard, des tombeaux simples de ciment y étaient construits. Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au forum social africain de Bamako 2006 et au forum social mondial de Nairobi en 2007.
Depuis le , une avenue de Ouagadougou porte son nom, dans le cadre plus général d'un processus de réhabilitation décrété en 2000 mais bloqué depuis lors11. Diverses initiatives visent à rassembler les sankaristeset leurs sympathisants, notamment par le biais d'un comité national d'organisation du vingtième anniversaire de son décès, de célébrer sa mémoire, notamment par des manifestations culturelles, tant au Burkina Faso qu'en divers pays d'implantation de l'émigration burkinabée. En 2007, pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Serme Sankara, a pu aller se recueillir sur sa tombe présumée lors des 20e commémorations à Ouagadougou4.

Idées politiques

Thomas Sankara était en premier lieu un des chefs du Mouvement des non-alignés, les pays qui durant la Guerre froide ont refusé de prendre parti pour l'un ou l'autre des deux blocs. Il a beaucoup côtoyé des militants d'extrême gauche dans les années 1970 et s'est lié d'amitié avec certains d'entre eux. Il a mis en place un groupe d'officiers clandestins d'influence marxiste : le Regroupement des officiers communistes (ROC).
Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, en Afrique (notamment les régimes clients de Côte d'Ivoire et du Mali, lequel lance plusieurs fois des actions militaires contre le Burkina Faso, soutenues par la France).
En octobre 1986, peu avant le sommet Gorbatchev-Reagan à Rekjavik, il se rendit une semaine en URSS. Devant l'ONU12, il défend le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, être éduqués. Pendant ces quatre années le Burkina-Faso fut ainsi, selon les critères géopolitiques nés au milieu des années 1970, la dernière révolution de l'« Afrique progressiste », opposée à l'« Afrique modérée ».
Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de démocratie participative, il créa les CDR (Comités de défense de la révolution) auxquels tout le monde pouvait participer, et qui assuraient la gestion des questions locales et organisaient les grandes actions. Les CDR étaient coordonnés dans le CNR (Conseil national de la révolution). Cette politique aurait réduit la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d'eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabés ou non) et l'analphabétisme (l'analphabétisme serait passé pour les hommes de 95 % à 80 %, et pour les femmes de 99 % à 98 %, grâce aux « opérations alpha »)13.
Sankara a également tenté de rompre avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabé, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant à intégrer les femmes dans la société à l'égal des hommes.
Il a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.
Il est le seul président d'Afrique à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l'État pour les remplacer par de basiques Renault 5. Il faisait tous ses voyages en classe touriste et ses collaborateurs étaient tenus de faire de même. Il est célèbre aussi pour son habitude de toujours visiter Harlem (et d'y faire un discours) avant d'arriver à l'ONU.
Il est considéré par certains comme le Che Guevara africain14.

Ce qu'il a dit sur la dette des pays africains

Ce qu'il a dit sur la condition de la femme


Extraits de ses discours, tenus en France...

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